VILLECOMTAL SUR ARROS ET SA VALLEE

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lundi 13 octobre 2008

Un homme m'a surpris...Un homme m'a terriblement déçu...

          Cet après-midi, pour la première fois de ma vie, je me suis retrouvé confronté à la mauvaise foi la plus éhontée qui se puisse rencontrer... Je ne citerais pas le nom de cet homme, car il s'agit d'un homme, mais s'il lit ces lignes, il se reconnaitra forcément.
          Ce matin, une voisine du canal me prévient d'une forte mortalité de "truites" dans celui-ci. J'appelle aussitôt le président et le trésorier de la Gaule Villecomtoise. Je me rends presque immédiatement sur les lieux, aux abords de la cité Millet. Je vois l'ampleur des dégâts, je prends autant de photos que je peux. J'attends l'arrivée des autres. Je m'impatiente un peu, je suis ainsi, surtout devant toute la détresse que je vois dans l'eau, à mes pieds. Je ne puis rien faire pour aider ces pauvres bêtes. Je décide d'aller à la rencontre de mes amis. Je prends un chemin. Je rencontre un autre ami, de Montégut, avec lequel je décide de faire demi-tour, de revenir sur mes pas. Il m'accompagne. Michel et Marc sont arrivés par un autre chemin. Eux aussi sont catastrophés par ce qu'ils découvrent. Des dizaines de poissons morts, des dizaines d'autres cherchant avidement l'air qui leur manque, il est autour d'onze heures. Une grande poubelle, une épuisette, voilà nos seules armes pour tenter un début de sauvetage. Impossible, trop de vase ou de limon, Marc s'enfonce. Michel et moi avons du mal à l'extirper de cette boue qui veut l'avaler. Nous renonçons. Remontés sur la berge du canal, nous essayons en vain de joindre et la Fédération de Pêche (Marc y parviendra plus tard) et la Garderie. Nous décidons alors d'appeler la Gendarmerie. Nous leur expliquons notre problème et notre impossibilité de joindre nos instances supérieures. Ils nous répondent qu'ils se chargent immédiatement de contacter à tout le moins la Garderie, nous demandent de ne rien faire jusqu'à l'arrivée des gardes. Nous pensons alors nous séparer, mais je suis alors désigné pour aller prévenir la Mairie de ce qui se passe. Je m'y rends. Il est 12h. J'en sors à 12h15, Michel, Marc et Jean-françois qui vient de nous rejoindre, m'attendent, ils souhaitent que nous nous rendions chez M. Danos, maire de la commune. Nous voici devant chez lui quelques minutes plus tard. Nous l'informons de tout, bien que la secrétaire de mairie ait déjà joué du téléphone, ce dont je la remercie. Nous décidons tous, y compris M. Danos, de nous retrouver sur le terrain vers 14h/14h15, puisque pour l'instant nous ne pouvons rien faire d'autre. Chacun rentre chez soi déjeuner.
          14h20, alors que je suis derrière le centre commercial, je croise M. Danos qui m'arrête. Il me dit avoir été faire un tour au canal, derrière la cité Millet, et avoir comme nous constaté les dégâts dus aux travaux effectués sur le pont de la RD38 (route de Montégut). Il me dit également avoir été voir le chantier sur ce même pont de la RD38, avoir discuté avec le responsable de ce chantier, avoir constaté que les promesses de maintien en eau (un minimum vital) n'avaient pas été tenues par le responsable du chantier, qu'il avait obtenu de ce dernier la promesse d'installer dans les heures qui suivent (pour 17h) un tuyau qui permettra d'amener de l'eau par-dessus leur chantier afin d'alimenter la suite du canal. Mince, pourquoi ces tuyaux n'ont pas été installés dès le début comme ils devaient l'être! Puis M. Danos me quitte, me dit se rendre à la mairie où nous pourrons le joindre dès que les gardes seront là afin de se joindre à nous.
          J'arrive sur le haut du talus de l'ancienne voie ferrée, juste derrière la cité Millet, quand Michel me rejoint à bord de son 4X4. Une nouvelle fois nous jetons un oeil dans le chaudron infernal du canal. Chaudron, car il fait maintenant soleil, plein soleil, et ce n'est pas bon du tout pour les derniers survivants. Nous décidons d'avancer jusqu'à la route de Montégut pour attendre les gardes. Il est un peu plus de 14h30. Arrivés au croisement de celle-ci, nous apercevons la voiture des gardes garées devant chez M. Pailhès (car seul endroit avec un peu d'ombre), puis voyons M. Danos et Marc dans leur sillage. Nous les rejoignons auissitôt.
          En quelques pas nous nous retrouvons tous sur le chantier. Le chef des gardes mène les "interrogatoires", pose mille questions qui appellent parfois des réponses difficiles à sortir. A plusieurs reprises M. Danos est obligé d'intervenir pour rétablir la vérité, par exemple au sujet de la réunion qui a eu lieu ici-même, sous la pluie, le vendredi 3 octobre dernier. Ha, la pluie! Quel bien elle ferait aujourd'hui! Par exemple encore, au sujet de l'installation des tuyaux qui devaient être installés. Ensuite de quoi les gardes nous demandent de les amener voir les poissons morts. Nous les y accompagnons tous. Des photos sont prises, les constatations faites comme il se doit. Nous essayons ensemble de trouver une solution pour tenter de sauver ce qui reste à sauver. Nos esprits sont occupés par cela et par rien d'autre. L'idée d'elever une digue de terre dans le lit assèché du canal devant la cité Millet est repoussée tant sa mise en oeuvre semble compliquée sans l'aide d'un engin adéquat. Et puis il faudrait ensuite, d'ici à la fin de la semaine, procéder à l'opération inverse, pas très réaliste. D'après les gardes une alimentation en eau suffisante par les tuyaux devrait permettre une remontée viable des eaux. Nous ne pouvons qu'acquiescer, les experts se sont eux, pas nous.
          Les gardes veulent maintenant remonter le canal depuis la cité Millet jusqu'au pont de la route de Montégut. Après quelques hésitations sur le meilleur chemin à prendre, nous décidons de rejoindre le pont par la route et de longer le canal depuis le chantier jusqu'à l'ancienne voie ferrée. Nous découvrons encore des poissons morts, des plus petits, et en quantité moindre que nous le craignions. De même, dans quelques grosses flaques aux eaux trop chaudes, nous découvrons quelques survivants au bord de l'asphyxie. Nous faisons ainsi tout le chemin, le long du canal, parfois à travers les premiers sillons d'un champ de maïs contigu. Ces nouvelles constatations achevées nous retournons au pont de la route de Montégut. M. Danos nous quitte. Il est aux alentours de 16h.
          Maintenant les gardes veulent voir le canal depuis le pont jusqu'au pont-canal sur le Lurus. J'accompagne, seul, les gardes depuis le pont, en passant par le "pré" juste à côté de la maison de Mme Jamond, afin de remonter le canal sur sa rive droite. C'est le choix du chef des gardes. Ils prennent de nouvelles photos. Nous arrivons ainsi en face du jardin de M. Germain Duffard. Michel nous rejoint en passant sur le bout de poteau électrique qui sert de passerelle. Tous les quatre, Michel, moi et les deux gardes nous poursuivons notre avancée jusqu'au pont-canal. Les gardes prennent encore des photos. Marc nous rejoint en remontant le canal par la rive gauche (côté jardin de Germain). A ce moment les gardes entendent un bruit de moteur, le bruit de moteur d'un gros engin. Ils nous demandent alors si nous savons s'il y a des travaux le long du Lurus, plus bas. Nous répondons que non. Nous avançons tous vers le jardin de Germain. Avant d'y atteindre, les gardes nous disent de poursuivre, que nous nous retrouverons aux véhicules.
          Nous comprenons qu'ils vont jeter un oeil le long du Lurus. Ni moi, ni Michel, ni Marc ne savons ce qu'il s'y passe. Et puis, de toute façon, nous ne sommes pas là pour ça. Nous rejoignons le jardin de Germain. Là Germain, le maître des lieux, se livre à son occupation favorite, choyer ses légumes. Il nous aperçoit, nous nous portons à sa rencontre, lui expliquons ce que nous faisons là chez lui. Il écoute attentivement. Puis il se tourne vers moi et me dit: "Il paraît que tu as mis ma photo sur internet." Je ne peux que répondre par l'affirmative. Il poursuit "Peux-tu m'en faire un tirage pour moi ?". Cela va de soi. Nous blaguons un instant encore, puis nous nous séparons.
          Nous retournons aux voitures, bien heureux de retrouver un peu d'ombre. Il est autour de 16h20. Les gardes nous rejoignent peu après. Ils nous apprennent alors qu'ils vont dresser procès-verbal à l'encontre de Conseil Général, maître d'oeuvre du chantier, et de l'entreprise réalisatrice du chantier. Ils nous apprennent aussi qu'ils vont adresser un avertissement au propriétaire du canal pour avoir troublé l'eau dans un moment critique pour la faune aquatique. Nous leur disons trouver cette mesure pas très juste car celui-ci n'a fait que planter quelques pieux pour consolider une partie de la berge derrière chez Mme Jamond, et agrandir le trou d'eau au devant du pont-canal afin de sauver autant de poissons que faire se pouvait. Nous ne sommes pas suivis dans notre plaidoirie. Les gardes maintiennent leur position. C'est à ce moment qu'ils nous disent avoir également l'intention d'adresser un avertissement à un riverain du Lurus occupé, à l'aide d'une pelle mécanique, à réparer un éboulement de berge. Nous comprenons immédiatement de qui il s'agit. Nous plaidons également en sa faveur, en vain. Nous sommes bien embêtés, car nous sommes venus ici pour le canal et non pour le Lurus. La fatalité, car comment aurions-nous pu savoir que des travaux allaient se faire durant une heure ou deux sur le Lurus, et ce, présicément ce jour-là. Hélas pour nous, hélas pour le riverain du Lurus, les gardes ont eux-aussi des yeux et des oreilles pour voir et pour entendre. Ils n'ont pas besoin de corbeaux pour les convier à un aussi piètre festin.
          bref, nous nous séparons. Les gardes partent de leur côté, nous du nôtre. Comme nous l'avions promis à M. Danos nous revenons un peu plus tard tous les trois voir le chantier sur le pont, voir si la mise en place du tuyau est effective, et la mise en eau prochaine. Le riverain contrôlé un peu plus tôt par les gardes est là, avec les ouvriers qui ont terminé leur ouvrage. Je m'en vais le saluer, nous nous serrons la main. Marc me suit et m'imite. Michel termine notre trio. Nous disons à ce monsieur que nous avons essayer de plaider en sa faveur auprès des gardes. C'est à peine si nous avons pu achever cette entrée. Ce monsieur, que je tenais jusque-là en grande estime, se met à nous agonir des plus terribles accusations qui soient. Que c'est nous qui lui avons envoyé les gardes, que nous sommes des moins que rien, des emmerdeurs, et bien d'autres joyeusetés encore. je sais bien que la colère fait dire bien des choses que l'on regrette ensuite. Mais là, trop, c'est trop.
          Nous ne sommes pour rien dans son demi-malheur, demi-malheur car un avertissement peut se comparer à une simple remontrance, et à rien d'autre. Il y a de nouvelles règlementations depuis la nouvelle loi sur l'eau. Nous n'y pouvons rien, ni les uns ni les autres... Que dire de plus. Sinon que je puis ici affirmer qu'aucun de nous trois n'est pour quoi que ce soit dans cette histoire. Jamais je n'ai porté tort à mon prochain. Ce n'est pas dans mes habitudes. je me sens profondément blessé par toutes les accusations que j'ai reçues en plein visage. Je crois que je ne suis pas près d'oublier cet affront.
          Nous ne nous sommes occupés que des poissons du canal et de rien d'autre.
         Sans excuses, il n'y aura plus de relations entre ce monsieur et moi. Les autres feront ce qu'ils voudront. Pour ma part, être accusé d'une chose que je n'ai pas commis est inadmissible.
          Désolé pour cette longue lecture que je vous inflige. Mais il fallait que les choses soient dites.

          Je n'ai qu'une toute dernière petite chose à rajouter, vraiment la toute dernière, c'est que ce monsieur me fait un peu penser à l'histoire du petit garçon pris la main dans le pot de confiture et qui, après s'être fait sermonné, pour se soulager de la peur qu'il a eu, s'en prend à "ses camarades" en inventant de leur part une machination totalement abracadabrante. C'est triste à son âge.   

Posté par SPARDIACUS à 23:41 - BILLETS D'HUMEUR... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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